De forme circulaire et reposant sur un léger talon, cette assiette présente une surface légèrement plate, selon son usage. Son centre, appelé "bassin", est entouré d’une descente (ou chute) galbée, qui assure une transition harmonieuse vers l’aile – partie plate délimitant le pourtour de l’assiette. En orfèvrerie, cette zone est nommée "marli", tandis que dans les manufactures de porcelaine, on utilise le terme "aile" pour désigner ce bord, qui est souvent orné de décors peints, moulés ou dorés, selon les styles et les époques.
Porcelaine DURE.
Le bassin central présente une scène exceptionnelle figurant une jeune femme drapée à l’antique, allégorie de “Germinal”, septième mois du calendrier révolutionnaire français. Vêtue d’une robe aux tonalités violacées, elle est représentée dans un décor architectural ouvert sur un paysage, agenouillée sur des coussins et tenant un voile léger, dans l’esprit des représentations néoclassiques inspirées de l’Antiquité et des allégories du début du XIXᵉ siècle. L’aile est entièrement recouverte d’un riche fond or, enrichi d’une succession de réserves circulaires reliées entre elles par des motifs linéaires et nœuds stylisés sur fond blanc. La bordure est ornée d’une importante frise exécutée à la molette, formant un décor géométrique en relief de type kymation, typique des riches dorures à la molette employées par la manufacture de Nast au début du XIXᵉ siècle.
Provenance : Ancienne collection de la famille BETMANN, qui fut l’une des plus puissantes dynasties bancaires allemandes des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, installée à Francfort-sur-le-Main. Elle fonda en 1748 la célèbre banque Gebrüder Bethmann (“Frères Bethmann”), qui devint rapidement l’une des principales maisons financières d’Europe.
Marque(s) : En or au pinceau "Nast à Paris par Brevet d'Inv.tion",
Dimension(s) : Diam. 24 cm,
Condition(s) : PARFAIT ÉTAT,
Époque : EMPIRE,
Observation(s) : Infimes usures d'usage.
La dorure à la molette donne aux porcelaines un côté très précieux, presque comme si on avait affaire à de l'orfèvrerie ou du bronze ciselé plutôt qu'à de la simple céramique. Comme les reliefs sont imprimés directement dans l'or avant la cuisson, la surface décorative gagne une profondeur et une vibration lumineuse vraiment exceptionnelles. Contrairement à une dorure peinte au pinceau, qui reste généralement lisse et uniforme, la dorure à la molette crée tout un jeu de textures et de reflets.
Quand la lumière tombe dessus, chaque motif capte les éclats différemment, ce qui produit des variations subtiles entre les zones mates, brillantes et légèrement satinées. Cette technique donne vie à la surface de la porcelaine et renforce la sophistication du décor. Les frises obtenues rappellent souvent le travail de ciselure sur bronze doré, les galons de tissus précieux ou même certains motifs d'architecture antique.
Cette maîtrise technique faisait partie intégrante du style luxueux que la manufacture de Nast avait développé sous l’Empire. À cette époque, la porcelaine n’était plus juste un objet du quotidien : c’était une vraie pièce décorative, conçue pour en mettre plein la vue par la richesse de ses ornements et la qualité de sa fabrication. Avec ces dorures en relief d’un raffinement extrême, chaque pièce prenait une allure presque architecturale. La lumière jouait avec la profondeur des motifs, l’or brillait de mille feux.